Lutte contre le varroa : pourquoi alterner les traitements APIVAR-APISTAN ?


Le varroa

Le Varroa destructor est un petit acarien parasite de l’abeille domestique, visant tous les individus dans la ruche (reine, ouvrières, mâles) à tous les stades de leur développement (adultes, larves et nymphes).
Il se nourrit de l’hémolymphe des abeilles, c’est-à-dire du liquide circulatoire, analogue au sang chez les vertébrés. Il prive alors l’abeille de nombreuses cellules sanguines et de protéines mais surtout il participe à la transmission de maladies lors des piqûres ou ultérieurement en laissant une plaie ouverte, créant ainsi un foyer infectieux.


La varoose est souvent associée à des malformations provoquant une mort précoce chez les abeilles atteintes (virus des ailes déformées). A l’échelle de la ruche, une colonie infestée s’affaiblit progressivement et finit par mourir.
Le varroa est actuellement présent dans toutes les colonies et peut se transmettre d’une ruche à une autre lors de pillages, du butinage ou lors de dérives des ouvrières par exemple. C’est pourquoi il est indispensable de vérifier le taux d’infestation de ses ruches et d’appliquer un traitement, si nécessaire. En l’absence de lutte contre varroa, les ruches périclitent et contaminent les ruchers voisins.

Rappel : seuls les varroas phorétiques (présents sur les abeilles adultes) sont tués lorsque l’on applique un traitement. Si la ruche est pleine de couvain, le traitement doit être suffisamment long pour tuer les varroas au fur et à mesure qu’ils sortent des cellules.

Principe de l’alternance APIVAR-APISTAN

Le GDSA 08 propose des traitements disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). Ces dernières années, vous pouviez acheter de l’Apivar. Ce traitement, à base d’amitraze, se présente sous forme de lanières qui libèrent de manière prolongée la matière active, permettant de réduire fortement la population de varroas.

En 2018, en suivant les recommandations du vétérinaire conseil Luc Bastin, le GDSA08 propose de traiter vos ruches avec des lanières APISTAN. Ce traitement à base de tau-fluvalinate, a été beaucoup utilisé pour lutter contre le varroa jusqu’à la fin des années 90. Son abandon, au profit d’Apivar, a été déclenché par la résistance développée par le varroa contre le tau-fluvalinate.
Cependant, des tests réalisés ces dernières années ont montré une régression de cette résistance, révélant une efficacité de 93 à 98% d’Apistan. Il est donc aujourd’hui possible de réutiliser ce médicament dans la lutte anti-varroa. Toutefois, il est recommandé de l’utiliser en alternance avec d’autres médicaments (pendant une campagne, deux au maximum) afin d’éviter la réapparition d’une résistance.
En parallèle, cette alternance permettrait de ralentir l'apparition d'une potentielle résistance du varroa face à Apivar. Pour que cette alternance ait toute son efficacité, il faut qu’elle couvre un territoire étendu. C’est pourquoi il est recommandé :

-      D’utiliser Apistan dans tout le rucher
-      De ne pas mélanger Apivar et Apistan dans une même ruche

Le mode d’emploi d’Apistan est similaire à Apivar, en insérant deux lanières entre les cadres et en les positionnant au sein de la grappe. Pour le traitement d’automne, les lanières doivent être mises en place après la récolte en août et laissées pendant 8 semaines. NE PAS LES LAISSER TOUT L’HIVER !

Pour plus d'informations, consulter la notice d'utilisation: 
http://www.ircp.anmv.anses.fr/rcp.aspx?NomMedicament=APIVAR+LANIERES+POUR+RUCHES+A+500+MG+D%27AMITRAZ


Sources:
• Fiche Technique 3 – LUTTE CONTRE LE VARROA - TRAITEMENT DE FIN DE SAISON APICOLE : UTILISATION DES MEDICAMENTS: 
http://www.frgds-paca.org/attachments/article/93/Varroa_fiche_technique_traitement_APISTAN.pdf
• Suivi de l’efficacité des traitements contre Varroa destructor bénéficiant d’une AMM au cours de l’automne et de l’hiver 2006/2007 - ITSAP : 
http://www.itsap.asso.fr/downloads/publications/tap_san_p7_12.pdf