Projet du groupe de sélection du rucher de Belval 2015 /2025


(extrait du document fourni par Henri Turquais chef de projet et approuvé par le CA du GDSA08 le 14/11/2015)

Objectifs :
1.    Augmenter la résistance de l’abeille aux maladies.
2.    Diffuser dans les Ardennes une abeille résistante à Varroa.
3. Faire reconnaitre Belval comme un haut lieu de l’apiculture biologique et de la biodiversité. 

Mesure de succès à 10 ans:
  • Objectif 1 : Conserver nos colonies 3 ans sans traitement ni nourriture, en produisant 15kg de miel /ruche/an, avec un taux de mortalité < 5%.
  • Objectif 2 : Diffuser 200 colonies par an à des apiculteurs sélectionnés et pratiquants la conduite Bio.
  • Objectif 3 : Présenter et communiquer nos travaux sur les revues spécialisées et associations représentatives.

Problématique :
La diminution de la biodiversité dans les paysages, les pratiques agricoles intensives généralisées, les modifications climatiques, l’exposition des colonies aux produits chimiques ou à leurs résidus diminuent l’attractivité des reines pour les ouvrières, trouble l’activité de ponte, cause des supersédures précoces. Les pesticides inhibent le développement des micro-organismes dans le pain d’abeille, causent des retards de développement, une baisse de viabilité du couvain, des anomalies de croissance et une durée de vie réduite. D’un point de vue neurologique, ils provoquent des déficiences visuelles, une mémoire et une capacité d’apprentissage moindres ainsi que des troubles de communication.
La perte de vitalité qui résulte de ces pollutions chimiques n’aide pas les colonies dans leurs taches sanitaires, alors que la charge d’agresseurs augmente avec les locques américaine et européenne, mycoses, viroses et nosémoses, acarapis, varroas, frelons, teignes et scarabées.
Ajoutons à cela que, pour lutter contre ces agressions, l’apiculteur traite ses ruches avec des acaricides et insecticides et, pour lutter contre les pertes, importe des nouvelles colonies et reines en introduisant ainsi de nouveaux pathogènes.
Le cercle est vicieux et la mortalité des abeilles ne cesse d’augmenter.

Les facteurs favorables :
Le site de Belval : malgré l’intensification des cultures avoisinantes, le parc reste un endroit privilégié où la biodiversité est préservée.
L’abeille noire : Originaire d’Europe, cette race est acclimatée à nos régions ; depuis plusieurs millions d’années, elle a été sélectionnée naturellement pour résister aux maladies et variations climatiques. C’est une abeille rustique.
La biodiversité prime sur les rendements : l’absence d’objectifs économiques nous ont permis de ne pas traiter nos colonies depuis deux ans et, ainsi, de pouvoir réaliser des sélections sur les colonies résistantes.
Le groupe de sélection : composé de 12 apiculteurs volontaires, ayant tous suivi la formation de perfectionnement, mobilisés pour suivre et sélectionner les ruches de la station de fécondation et pour offrir à la station un nombre suffisant de colonies qualifiées.

Les pistes scientifiques :
L’abeille hygiénique : l’aptitude de l’abeille à nettoyer est  un caractère génétique additif porté par plusieurs gènes, qui serait transmissible si les deux parents en sont porteurs.
L’abeille VSH : Toutes les ruches se comportent différemment face au développement varroa et nous constatons que certaines ruches parviennent à limiter la croissance du varroa tout au long de la saison. Les  moyens de lutte de la colonie sans être exhaustifs sont multiples.
  • Epouillage
  • Attaque par morsure des varroas
  • Détection des cellules infestées et sortie de la larve. 
  •  Le varroa introduit est étouffé par la larve. 
  • Limitation de la reproduction du varroa par raccourcissement de la durée d’operculation 
  • Désorganisation dans la reproduction du varroa limitant la progression. 

Tous ces caractères sont représentés par des gènes différents et certainement additifs  et transmissibles.


Difficultés :
Si la solution de sélection génétique s’impose, la difficulté réside devant le mode d’accouplement chez les abeilles ; les bourdons se rassemblent en des lieux où les femelles vont venir provoquer des poursuites et des accouplements multiples. En moyenne, la reine se fait féconder par 15 à 20 mâles parmi les plus performants. La colonie est donc composée de 15 à 20 clans de demi-sœurs dont la moitié des gènes viennent de la reine et l’autre moitié  du père. Or, pour en constater le phénotype, une grosse majorité doit comporter le caractère.

Solutions envisagées :
  • 1.    Sélectionner chez l’abeille noire des colonies ayant des caractéristiques intéressantes.
  • 2.    Inséminer les reines aves des mâles pour fixer les caractères intéressants.
  • 3.    Garder la diversité sur les autres caractères.
  • 4.  Établir une population endémique sur le site de Belval.  
  • 5.     Reproduire ces abeilles.

Méthodologie :
Pour atteindre les objectifs, le groupe s’appuiera sur la méthode appliquée aux États-Unis depuis 1981 par Susan Cobey, soit :
  • 1.    La fécondation en site protégé (station de fécondation dirigée).
  • 2.    Le recours à la fécondation instrumentale pour fixer certains caractères.
  • 3.    Utiliser un nombre suffisant de colonies pour conserver la biodiversité (50 colonies).
  • 4.  Multiplier ces 50 colonies en dirigeant les croisements et obtenir 200 à 300 colonies filles. Tester ces colonies selon les critères retenus.
  • 5.    Sélectionner les 50 meilleures colonies pour la saison suivante.
Étapes :
  • Étape 1 : Définir le protocole de sélection : 2015-2016
  • Étape 2 : Acquérir les connaissances et la pratique nécessaire : 2015-2016
  • Étape 3 : Rassembler 50 colonies mères ayant les caractères recherchées.  2016- 2018
  • Étape 4 : Sélectionner et produire les colonies : 2016-2026