Suivi de températures d'une colonie d'abeilles à Vouziers

article mis à jour le 22/03/2015
Préambule du président du GDSA08 :
Ce blog est destiné à l'information des apiculteurs adhérents du Groupement. Il est aussi à la disposition des mêmes apiculteurs voulant faire part de leur expérience ou expérimentation. Ainsi vous trouverez ci dessous l'expérience menée par un jeune retraité, technicien de maintenance dans l'industrie, qui suit la température de ces ruches au fond de son jardin à Vouziers.
Bonne Lecture !


RELEVER LA TEMPERATURE DE LA GRAPPE EN HIVER. POURQUOI ?

  Voyant les abeilles ‘’endormies’’ durant la période hivernale, on peut être amené à se poser plusieurs questions :
-          Quelle est la température de la grappe durant la période d’hivernage ?
-          Est-ce que cette température varie et dans quelles proportions ?
-          Si oui, en fonction de quoi varie-t-elle: de la température extérieure, de la durée du jour, … ?
-          Est-ce que la consommation de provisions varie avec la température extérieure?
-          Comment la grappe se déplace-telle durant l’hiver ?
-          Qu’elle est l’écart de température entre le milieu de la grappe et la périphérie, est ce que cet écart varie ? Si oui, comment ?
-          Est-ce qu’on peut déterminer la présence ou non de couvain dans la ruche durant cette période ?
-          Comment les abeilles réagissent elles à une perturbation (un bruit,  un choc) ?
-          etc…..



  Pour essayer de répondre à ces questions, il faut avoir un relevé de température réalisé sur toute la période d’hivernage. C’est ce que je me suis proposé d’obtenir sur une ruche.


  J’ai été confronté à plusieurs problèmes :
-          trouver le bon matériel, (budget restreint)
-          l’implanter aux bons endroits, (sans ouvrir la ruche)
-          ne pas trop déranger les abeilles (je m’y suis pris trop tard, le 1er décembre, la grappe est formée)
-          et surtout il faut être patient au départ : Lorsqu’on introduit un corps étranger dans la grappe d’abeilles, je pense (d’après mes observations) que celles-ci ont tendance à s’en écarter, si bien qu’il faut plusieurs heures, voire plusieurs jours avant qu’elles l’acceptent et que le thermomètre ou la sonde introduite fasse corps avec la grappe. De plus, toute intervention, même faite avec la plus grande précaution perturbe les abeilles qui entrent en bruissement et provoquent une élévation de température durant quelque temps. Les premières mesures obtenues m’ont parues tellement instables que j’ai pensé que le matériel utilisé ne convenait pas. Tout s’est stabilisé au bout de quelques jours.


Après plusieurs essais et réglages, ma ruche est enfin équipée de la façon suivante.

  J’ai introduit deux thermocouples entre les deux cadres du milieu, par l’arrière de la ruche un à 11cm du bord supérieur du corps de ruche (T°3) et un 10cm plus bas (T°4) en perçant deux trous de 4mm de diamètre à l’aide d’une vrille (c’est ce que j’ai trouvé de plus silencieux). Ces thermocouples sont semblables à un fil de fer de 3mm de diamètre et environ 1 mètre de long. Ils pénètrent dans la ruche à une profondeur de 225mm, si bien que leurs extrémités qui sont les parties sensibles se trouvent au milieu de la ruche (je suppose donc qu’elles sont dans la grappe à deux endroits espacés de 10cm).

  J’ai introduit verticalement  le bulbe d’un thermomètre (T°1) par le dessus (en perçant un trou de 6mm de diamètre dans la toile qui couvre les cadres). Ce bulbe fait 6mm de diamètre et environ 12cm de long, son extrémité basse se trouve à environ 14cm du haut des têtes de cadres et donc le milieu du bulbe à 8 cm du dessus des têtes de cadres. Le thermomètre indique donc la température moyenne de la zone située entre 2 et 14 cm des têtes de cadres. (ce qui n’est pas très précis). Il aurait fallu que le bulbe soit placé à l’horizontal, mais impossible à installer sans ouvrir la ruche ni déranger les abeilles. Cependant, l’extrémité basse du bulbe est située actuellement (début décembre) dans la grappe, l’extrémité haute par contre est située au dessus et lorsque la grappe va monter (si elle monte), elle va recouvrir de plus en plus le bulbe et je devrais pouvoir observer ce déplacement.


  J’ai introduit un 4ème thermocouple (T°2) sur le coté entre la paroi et le cadre de rive en perçant un trou de 6,5mm de diamètre à 10cm du haut. Le thermocouple est différent des 2 autres, mais fonctionne de la même façon. Il indique la température entre paroi et cadre de rive. (voir schéma d’implantation)

    La température extérieure est relevée avec un thermomètre à mercure qui possède des index mini maxi. Je prendrai en compte la température extérieure moyenne comme référence.

  Les thermocouples sont reliés à des afficheurs numériques.



  Les températures sont relevées chaque jour à peu prêt à la même heure (ce qui n’est pas trop important car l’ensemble n’évolue que très lentement).

  D’autre part, la ruche est pesée tous les 15 jours à l’aide d’un peson (plage de mesure 0 à 100kg, précision 500gr). L’idéal aurait été une bascule numérique plus précise….



  Les températures et le poids de la ruche relevés sont notés dans un tableau EXCEL ce qui permet de les reporter sur un même graphique afin de les analyser.




NB : par souci de lisibilité, seuls les 3 dernières semaines sont données dans le tableau ci dessus. 
Le graphique ci dessous par contre donne l'évolution depuis le début de l'expérimentation

  L’implantation des prises de température n’est pas optimum (je pensais que la grappe était située plus haut dans la ruche et que son diamètre était moins important et je n’ai pas pu positionner le thermomètre à bulbe comme je le souhaitais).
J’espère cependant que des relevés apporteront une réponse, au moins partielle aux questions posées.




Evidemment, toutes les remarques sont les bien venues, vous pouvez en faire part sur l’adresse mail du GDSA des Ardennes. 
gdsa08@laposte.net

N'hésitez pas à revenir régulièrement sur cette page, le tableau et le graphe des températures seront mis à jour toutes les semaines !

                                                                                            Jean Marie CAPELLE